Il y a une heure bien précise au Domaine de la Durantie où le temps semble suspendu. C’est ce moment, en plein cœur du mois de juillet, juste après l’aube, où la douce lumière matinale d’Occitanie vient effleurer nos pierres anciennes et se glisser à travers les hautes fenêtres de nos salons. Le Domaine est encore plongé dans un silence absolu.
Seul le parquet ancien craque légèrement sous nos pas. Et c’est souvent dans ce calme parfait que les souvenirs refont surface.
En traversant le grand salon vide, il est presque impossible de ne pas revoir cette scène. Il suffit de fermer les yeux pour que le silence s’efface, remplacé par un brouhaha créatif et organisé.
Soudain, dans notre esprit, d’immenses projecteurs percent la pénombre pour recréer artificiellement la lumière du crépuscule. Des kilomètres de câbles noirs serpentent discrètement le long des plinthes. Des dizaines de techniciens s’affairent autour de caméras imposantes, chuchotant pour ne pas briser la concentration des acteurs qui répètent leur texte un peu plus loin. Puis, une voix s’élève, claire et autoritaire : « Silence sur le plateau… Moteur… Action ! »
Ce souvenir n’a rien d’un rêve. Avant la sortie en salles du film « Les recettes du Bonheur » en 2014, le Domaine de la Durantie a bel et bien fait son cinéma. Pendant des semaines, nos murs ont abrité la magie d’un tournage international. Le domaine est devenu, le temps de cette parenthèse enchantée, un personnage à part entière d’une histoire qui a voyagé à travers le monde.
Notre domaine a eu l’immense privilège d’être choisi pour accueillir cette superproduction hollywoodienne. Le film a en effet été co-produit par des géants de l’industrie, dont le légendaire Steven Spielberg et Oprah Winfrey.
Savoir que ces maîtres incontestés du septième art ont posé leur regard sur la Durantie, validant l’authenticité et le charme de notre bâtisse pour donner vie à une œuvre internationale, est une immense fierté. Pendant des semaines, nos murs ont abrité l’exigence et la magie d’un tournage de très grande envergure. Le domaine est devenu, le temps de cette parenthèse enchantée, un personnage à part entière d’une histoire qui a voyagé à travers le monde
Nous n’avons volontairement affiché aucune photographie des coulisses de cette époque sur nos murs.
Pourquoi ? Parce qu’un décor de cinéma ne doit pas rester figé dans son passé; Aujourd’hui, les caméras ont disparu et le domaine a retrouvé sa quiétude, mais il a gardé cette étincelle indescriptible; Il est redevenu une toile vierge, un immense plateau de jeu endormi qui n’attend qu’une seule chose : qu’on vienne le réveiller.
La lumière est en place, les décors naturels sont intacts. La scène est prête.
Il y a une âme ici, une patine que les décorateurs de cinéma passent parfois des jours à essayer de recréer artificiellement.
À vous, réalisateurs, producteurs, directeurs de la photographie ou repéreurs en quête d’inspiration : venez marcher dans ces couloirs au petit matin.
L’histoire cinématographique de la Durantie a commencé avec de merveilleuses recettes du bonheur. Quel sera le titre de votre prochain chapitre ?